samedi, 10 avril 2010
UN AN EN GUYANE
Un an en Guyane.
La dernière fois que nous vous avions laissé, c'était à l'époque de la dernière rentrée scolaire. Depuis plus de nouvelles et cela pour plusieurs raisons; l'installation administrative au Québec est plus simple que de revenir dans son pays d'origine, heureusement la Guyane est attachante. La vie en carbet dans la forêt amazonienne n'offre pas toutes les commodités que l'on trouve en ville notamment internet, mais cette immersion dans la nature, bien que parfois envahissante, ne cesse de nous émerveiller. Enfin le passage de la vie contemplative à la vie active ne nous a laissé guère de loisirs pour l'instant, néanmoins Phébus a effectué deux petites petites navigations dernièrement sur le fleuve Maroni et la rivière Coswin en attendant mieux.
Nous allons donc vous conter ici nos dernière aventures parfois digne des douze travaux d'Astérix, riches en rencontres exotiques et en expéditions fluviales.
Dès notre arrivée en Guyane, il a fallu prendre notre courage à deux mains pour faire comprendre aux différentes administrations que nous n'avions pas disparu corps et biens dans l'Atlantique Nord. Comme le disait l'inspecteur des impôts de Saint Laurent de Maroni; «vous avez quitté la cage, pour la réintégrer cela risque d'être compliqué». Après de multiples recherches il s'est avéré que les services fiscaux nous avaient «archivés», alors que nous avions fait une demande de transfert de dossier avant notre départ. Grâce au personnel de l'hôtel des impôts de St Laurent nous avons trouvé un service pour traiter nos dossiers. Nos cas atypiques furent donc examinés par la direction des résidents à l'étranger et des services généraux et ils ont eu la gentillesse de nous fournir les documents qui ont débloqué bon nombre de dossiers en souffrance.
Mais le pire reste à venir , lorsqu'on quitte le territoire français, le régime de sécurité sociale vous couvre pendant 4 ans. En Avril dernier , nous avons donc voulu réinitialiser nos cartes vertes, et là rien ! La RSI ( régime des indépendants ) ne communique pas de donnés au régime général donc nos cartes restent muettes et de surcroit sont confisquées par la caisse de Guyane ! Enfin, au mois de Mars la situation se débloque et on nous a laissé entendre que nous aurons de belles cartes neuves pour bientôt. Dans l'ensemble, toutes ces démarches se sont effectuées dans la bonne humeur car, en Guyane, on a l'habitude des situation transitoires...
Depuis notre arrivée nous avons pris l'habitude de garder les maisons dont les propriétaires rentrent en métropole. La vie en carbet nous a réellement séduite bien que parfois nous nous sentions un peu (traduction: beaucoup) isolé, quoique....
Alors, un carbet c'est une maison sans fenêtres et faite en bois, là s'arrête toute comparaison possible. Tout les carbets sont personnalisés par leurs propriétaires; Waï, Bardeaux, Tôle et même Ardoise pour les couvertures, l'espace intérieur peut-être divisé par de multiples décrochements ou encore n'être qu'un grand espace commun . Pour l'eau, c'est généralement la pluie qui rempli les cuves achetées au Surinam, pour les plus rustiques les toilettes c'est la pelle dans la forêt, sinon une petite dépendance peut abriter les sanitaires. La lampe tempête, le hamac avec moustiquaire seront les deux éléments indispensables dans le carbet traditionnel. Pour le carbet «confort» on aura l'électricité, de vrais lits et même la machine à laver type Surinam, peut-être même un frigo ! En fait la vie en carbet n'est guère éloignée de la vie sur Phébus au mouillage.
Il y a néanmoins une énorme différence : la forêt et ses habitants ! Ce ne sont pas les plus gros qui posent problème; ils se méfient de l'homme, à juste titre d'ailleurs ! Le problème vient du monde minuscule et grouillant des insectes. Il n'est pas rare qu'une Matoutou
(grosse mygale velue mais inoffensive) tombe du toit sur la table pendant le repas, cela peut aussi être un coléoptère géant (surnommés B-29 pour leur conduite atypique ) qui se décide à gouter la soupe... Mais le moment de surprise passé ceux-ci restent inoffensifs.
Passons maintenant aux désagréables et aux nuisibles: - La puce chique (non, pas chic) et le vers macaque sont de charmants parasites du corps humain (type alien). La première se loge quelque part dans votre corps (avec une légère préférence pour les pieds) et le fore joyeusement pour se nourrir (et, idéalement pour y pondre) , mais ce tunnelier sous cutané fait son travail sans douleur et on s'en débarrasse facilement à l'aide d'un bistouri. Le second, le vers macaque, quant à lui, est plus malfaisant : A l'origine une mouche pond un un œuf sous la peau pour que sa progéniture puisse se développer en toute tranquillité, il y a cependant un léger problème; le petit trou par lequel le vers respire peut devenir une porte d'entrée pour d'autre parasites, ou encore s'infecter et dégénérer en infection généralisée et devenir très douloureux...Les méthodes pour s'en débarrasser diffèrent mais il ne faut surtout pas aller à l'hôpital ! Le moustique vecteur de la dengue est surtout présent prés des eaux stagnantes mais en fin de journée il est redoutable. Et enfin, le scolopendre, charmant petit mille pattes version Amazonie, c'est-à-dire énorme, blindé et dont la morsure est très très douloureuse. Quant aux serpent et aux scorpions ils sont plus rares sur le territoire de l'homme, bien que Nathan est failli réveiller un anaconda de 4 mètres faisant la sieste (sport régional) en marchant dessus ! Ah, j'allais oublier les mignonnes fournis rouges, avec qui un pipi nocturne peut se transformer en une aventure fort pénibles (car elles aiment à s'entrainer au jets d'acide formique au clair de lune...) Il existe cependant des moyens afin que votre cocon familial dans la forêt résiste aux assauts des hordes d'insectes attirés par la lumière à la nuit tombée; La moustiquaire rendra vos couchages plus attrayants car ils ressembleront à des lits de princesse (les princes devront s'y faire...), et tel le donjon elle sera l'ultime rempart contre les attaques humanivores. Évidemment ces bestioles affamées doivent passer par moult défenses avant d'en arriver là : Animaux de basse cours (maux de basse cours), poules, dindons et oies, chiens, et enfin le serpentin, petit serpent d'encens à l'odeur suffocante et toxique pour tous. N'oublions pas que nous sommes des invités dans la forêt et qu'il faut s'adapter, en la respectant elle nous offrira de jolis passages de vie.
Dès Octobre j'ai repris du service au sein de notre mère à tous, j'ai nommé; «l'éducation nationale». Me voilà donc professeur de collège en Histoire et Géographie et on m'a confié des classes de la sixième à la quatrième. Le challenge est intéressant car j'ai des non lecteurs même en cinquième. J'avoue qu'au départ le travail de préparation de cours fût plus que conséquent mais désormais le rythme est bon. Nathalie, quant à elle, est toujours comptable au sein de l'association Tremplin, et c'est un emploi plein de rebondissements, cela ne l'a pas empêché de fêter dignement son anniversaire en janvier dernier . Nous bossons donc tous les deux, cela faisait un moment que cela ne nous était pas arrivé, mais maintenant que les enfants sont autonomes ce n'est guère gênant. Enfin l'équipage s'est agrandi avec la venue d'un nouveau mousse ; IO, chien de race guyanou, autrement dit «berger awalien» dont l'activité essentielle est la sieste dans le hamac.
16:05 Publié dans La famille | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : guyane
vendredi, 02 octobre 2009
C’est la rentrée !!!!!!!!


Bon d’accord je vois d’ici les mauvaises langues qui vont dire ; « Bah ils se la coulent douce la famille en Guyane !!! »
Ben oui, après tout on est sous les tropiques et on s’adapte au rythme de vie , ce n’est pas les méditerranéens qui vont me contredire.
Nous en étions donc resté aux résultats de bac pour Tristan.
Après avoir entendu « J’ai mon Bac, J’ai mon Bac !!!!!!!!! » durant toutes les vacances, Tristan est désormais à Cayenne en Fac de Science et réside dans une petite chambre en plein centre ville, loin de Papa et surtout de Maman et l’on entend les soirs de lune montante dans la capitale de la Guyane le cri du Tristan indépendant ; « J’ai mon appart, J’ ai mon appart !!!!!! »

Pour ceux qui veulent son nouveau Mail et son adresse postale pour rentrer en contact directement avec lui vous pouvez nous les demander par le biais du mail de filauvent.
Sarah quant à elle a passé avec succès ses épreuves du brevet du collège et comme elle nous l’avait annoncée durant ses vagues révisions ; « c’est la balade ! je l’aurai avec mention » elle a obtenu mention « Bien » ! Donc vacances relaxes et petit boulot pour mettre de l’argent côté afin de se payer un vélo.
En Septembre elle est rentrée au lycée en Seconde MPI (Maths physique et informatique) et semble ravie d’avoir réintégrer le système scolaire classique après trois ans de CNED . Le Cned c’est vraiment super, mais les ados ont envie de se retrouver entre eux et le milieu scolaire c’est vraiment le meilleur moyen , car au cours de nos pérégrinations des ados ils n’en ont pas beaucoup rencontré. Elles sont où les familles qui voyagent sur les mers ? Ils n’y a que des retraités !!!!!!

Nathan alias « Chaton » serait bien resté au Cned ! la raison : il faut se lever tôt pour aller au collège !!!!!! Effectivement ici tous les cours débutent à 7H30, alors debout à l’aube.
Bon maintenant qu’il y est, plus question de reprendre les cours par correspondance.
Surtout que toutes les filles de sixième l’idolâtrent et que celles de cinquième lui caressent ses cheveux et l’interpellent avec des yeux langoureux !

Nathalie a obtenu un boulot de comptable dans une grosse association de St Laurent qui s’occupe de l’enfance maltraitée. Retour dans la vie active après trois ans d’interruption, elle est au taquet !!!!! De plus le poste est vraiment intéressant et l’équipe très sympa.
Phébus est toujours au mouillage sur le fleuve Maroni à et tourne autour de son ancre au grès des flux des marées. Il faut donc régulièrement « décoqué » la chaîne d’ancre sous peine de dérapage ! je m’explique, en faisant des tours sur lui-même la chaîne se tortille et fini par déplacer l’ancre et le vaillant Phébus joue les filles de l’air. Donc régulièrement, une fois tous les deux mois, pendant la renverse on remonte l’ancre ,on fait un petit tour et on mouille de nouveau . Sinon après inspection il n’y a pas de travaux importants à réaliser ; pour la coque il faut un petit coup de peinture par ci par là pour reprendre des éclats dus à la rencontre avec un ofni au large de la Jamaïque pendant la nuit et à l’amarrage à couple d’une barge dans le port commercial de Georgetown au Guyana. Le pataras est à changer, les tendeurs sont à fond.
Et il faudra traiter les bois avant la saison des pluies, les produits achetés aux USA sont réellement efficaces pour l’ entretien des mâts et du liston. On ne peut malheureusement pas en faire venir ici car ils ne sont pas aux normes CE, heureusement j’en ai en stock. Sinon la gendarmerie maritime de Kourou est venu à bord pour vérifier que nous avions tout le matériel de sécurité nécessaire à bord.
Visite courtoise et sympa avec l’élément comique indispensable dans l’équipe qui nous a demandé si nous possédions bien une ligne de mouillage !!!!!! « à votre avis il reste en place comment le bateau ? »
Quant à votre serviteur, j’ai décroché un boulot en intérim pendant les vacances sur un chantier à proximité de notre mouillage. Je me présente donc au petit matin au chef de chantier qui m’avouera plus tard qu’il ne me donnait pas plus de 24H00. Au bout d’une semaine j’étais adopté par tous mes camarade de chantier pour la plupart Haïtiens, Brésiliens, Surinamiens et Saramacas. Ils ont tous leur spécialisation et l’habitude du climat. Pour un métro ce boulot cela tient à la fois du bagne, on n’est pas en Guyane pour rien, et du sport de haut niveau. Pour tenir il faut boire environ 4 à 5 litres d’eau par jour, éviter à tout prix l’alcool, manger énergétique, ça tombe bien j’avais une diététicienne sous la main et soigner ses courbatures le soir et calculer si possible pour que l’après midi on est un boulot à l’ombre sinon l’expression Tshirt mouillé devient réalité !!!!! Après six semaines de ce régime ma mission a prix fin et mes gains nous ont permis d’assurer la rentrée universitaire du « grand bouclé ». Maintenant j’attends un poste de prof d’histoire-géo dans un collège. En attendant ballade en forêt avec les chiens et découverte du milieu tropical.
Mais suite au prochain épisode ; Les habitats de Guyane………….
14:51 Publié dans La famille | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
samedi, 04 juillet 2009
Résultat du bac

Du coup, les révision finies, je vais pouvoir me remettre à écrire de façon assidue
16:08 Publié dans La famille | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
jeudi, 11 juin 2009
Awala Yalimapo
Ce Week-End nous avons fait un petit tour à Awala Yalimapo, communauté de villages amérindiens kali'na. Nous espérions voir des tortues luth venues pondre sur la plage. Ces tortues marines dépassant régulièrement les 500 kilogrammes n'étaient malheureusement pas au rendez-vous, l'horaire de la marée haute ne correspondant pas à leur besoin de fraicheur.
Nous avons donc passé l'après midi avec Stéphane de Vent d'ouest (association de voile locale) et de ses amis... à profiter de la plage et de la forêt proche.

16:44 Publié dans Le voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 30 mai 2009
il pleut
Depuis qu'on l'attendait la saison des pluies semblent arrivée.
La zone de convergence intertropicale (ZCIT) ou ZICT selon l'interlocuteur, aussi connue sous le nom de front intertropical, de zone de convergence équatoriale ou plus familièrement pour les marins de « Pot au noir », est une ceinture, de seulement quelques centaines de kilomètres du nord au sud, de zones de basses pressions entourant la Terre près de l'équateur. Elle est formée par la convergence des masses d'air chaud et humide provenant des tropiques portées par les alizés. Elle est caractérisée par des mouvements convectifs et, en règle générale, par des formations importantes de cumulonimbus (définition de Wikipedia)
Donc cette ZICT était bloqué par l'anticyclone des acores et de mémoire de Noirs-marrons on n'avait jamais vu un mois de mai aussi sec, les 366 mm de pluie prévus se sont réduit en une peau de chagrin ici en guyane asséchant les puits alors que le brezil subissait d'importantes inondations.
Donc depuis ce matin, il pleut et chacun espère que cela va continuer le temps de rétablir la situation.
Pour fêter ça, je vous mets quelques photos ensoleillées
17:48 Publié dans Le voyage | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
lundi, 18 mai 2009
La Guyane c'est ..... de magnifiques photos
Si la population y est très diversifiée , il en est de même pour la faune, la flore et les paysages. Mon appareil photos etant en panne, j'ai trouvé une adresse qui regorge d'une multitude de superbes photos (bien plus belles que celles que j'aurai pu prendre).
http://www.routard.com/lieu/0-guyane.htm
Si après avoir vu ces images, votre première envie n'est pas de nous rejoindre dans ce fabuleux département c'est vraiment que votre ordinateur a un problème au niveau de la carte graphique.
15:45 Publié dans Mini reportage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 16 mai 2009
La Guyane c'est.... une mosaïque de peuple
La diversité de la population est tellement forte ici que j'en suis toujours à vous présenter la population....
Les créoles, maitres du milieu administratif et politique, forment également une population hétéroclite.
Créole vient de l'espagnol criollo qui siginfie "importé", c'est à dire toute la population d'afrique noire qui subit la traite et l'esclavage que ce soit aux antilles ou ici en Guyane
La Guyane n’a pas connu la présence et le pouvoir des Békés, comme aux Antilles. Peu après l’abolition de l’esclavage, la découverte de l’or en 1855 va bouleverser les rapports sociaux naissants et les façonner durablement.
La quête effrénée de l’or n’a jamais été synonyme de solidarité sociale, mais d’individualisme.
La fin du dix-neuvième siècle et le début du vingtième ont été marqués par une immigration massive d’antillais ( principalement Martiniquais et Saint-Luciens ), qui ont rencontré une partie de la population créole locale. Cette dernière préféra se replier vers les points stratégiques du littoral où le commerce lié à l’exploitation de l’or pouvait le mieux se développer.
L'éruption de la montagne Pelée en 1912 créa également un flux de réfugiés.
Autre différence avec les Antilles, les rapports entre les diverses ethnies originelles toujours présentes en Guyane ne sont pas idéalisées : le souvenir d’un peuple disparu est devenu un thème artistique et la figure du noir marron incarne la liberté.
La culture créole guyanaise tire ainsi sa subtilité et sa richesse de la diversité des ethnies qui la compose et ainsi de leurs multiples apports.
Les créoles surinamiens, brésiliens haïtiens, constituent une grande partie de la population illégale sous-payée
Les Chinois, les 27 premiers chinois arrivèrent en Guyane le 9 aout 1820, depuis plusieurs vagues d'immigration les ont rendu les maîtres absolus du commerce de détail alimentaire, toutes les épiceries sont chinoises....
Les Métros travaillent habituellement au Centre spatial guyanais de Kourou ou dans les centres de recherche scientifiques pour le temps d’une mutation ou la durée d’un contrat relativement court (trois ans ou moins).
Ils travaillent également dans l'enseignement et aux postes qui demandent un minimum de formation post-bac (il ne faut pas oublier qu'ici les formations après bac sont pratiquement inexistantes)
Quant aux Blancs guyanais «permanents», ils occupent généralement des postes de hauts fonctionnaires, font carrière dans l’armée ou dans la police, ou bien possèdent des commerces importants. Dans les villes de Cayenne et de Kourou, les «quartiers blancs» constituent des «ghettos de luxe» pour Européens «à fort niveau de vie» avec leurs confortables résidences, leurs pelouses bien entretenues, leurs voitures européennes, leurs commerces de standing, leurs courts de tennis et parfois leurs petits yachts. En Guyane, il est généralement admis (de façon ironique) que les Blancs se font toujours comprendre partout, mais qu’ils ne comprennent eux-mêmes jamais personne.
16:13 Publié dans Mini reportage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


